Un simple rouleau de scotch et GarageBand

Pourquoi un travail avec un simple rouleau de scotch ? Parce que j’aborde en troisième l’évolution du langage musical au XXe siècle. Au travers de nombreuses écoutes (Le sacre du printemps de Stravinsky, Ionisation d’Edgar Varèse, Pierre Henry avec la musique concrète notamment : Variations pour une porte et un soupir, Psychérock, Steve Reich  et la musique minimaliste,  répétitive ainsi que John Cage.)

Les élèves sont assez déstabilisés surtout par  les Variations pour une porte et un soupir. Ils n’ont pas du tout l’habitude d’entendre une musique atonale sans repères mélodiques et rythmiques. La musique concrète pour eux, c’est encore du bruit.

Créer soi-même ce genre de musique favorise la compréhension de ce courant artistique.

Ne disposant que de mon seul  iPad en classe, l’intérêt est aussi de faire passer beaucoup de monde sur l’iPad et être dans l’action : enregistrement, mixage ou jeu sur le clavier…

On arrive facilement à faire une séquence avec une quinzaine d’élèves qui participent activement (même si le temps passé sur la tablette pour chaque élève est finalement assez court). Si on dispose de plusieurs iPads, l’activité devient forcément plus intéressante car chacun peut mener la création du début à la fin.

Ce qui m’a paru aussi intéressant est le fait que l’on soit dans un processus de création totale durant tout le temps de la séance. On part de rien, ou si peu : un rouleau de scotch et on compose sa musique, sans aucune notion de solfège préalable. C’est bien de la musique concrète ! Malgré tout, on touche tous les paramètres de la musique (hauteurs, durée, dynamique, timbre).

Le passage par tous les processus du compositeur moderne  participe également à l’intérêt de l’activité. Une idée à la base : le scotch, suivie par la réalisation, l’enregistrement, le jeu sur le clavier : création et choix du son,  des hauteurs, dans la vitesse et le mixage final qui, lui aussi, demande des choix.

Dans cette séquence de création, j’ai donné les instructions au départ et j’ai laissé les élèves totalement libres avec une parfaite autonomie. Ceux  qui n’étaient pas en activité de création  donnaient leur avis, et les échanges étaient assez fructueux pour les choix dans toutes les étapes.

Alors, à vos créations… avec le scotch ou n’importe quoi d’autre (stylo, trousse…) !

 Véronique Chenu (professeur à Pouilley les vignes dans le Doubs)

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